Choix de graphiques et esprit critique

19 janvier 2019 Aucun commentaire sur Choix de graphiques et esprit critique

François Geffrier, ici sur Twitter, s’est arrêté sur ce graphique, issu du journal Le Parisien : Voilà une bonne entrée en matière pour chacune de mes classes. Je vais leur demander simplement : que comprenez-vous de ce graphique ? Qu’en pensez-vous ? Je pense qu’habitués aux Avez-vous vu l’erreur duduesques, ils vont chercher la faille. Or j’ai vérifié, la courbe est réalisée correctement : 1cm en abscisse pour une année, 1cm en ordonnée pour environ 0,77%. Le titre est peu précis (évolution par rapport à quoi ? L’article ne le précise pas explicitement non plus), mais il correspond à ce qui est représenté. Si cela ne vient pas d’eux-mêmes, je voulais que les élèves me donnent leur sentiment par rapport à cette évolution. Et en quatrième, j’aimerais bien que nous calculions l’augmentation en pourcentage par rapport à 2011. Comme nous avons passé la semaine dans les taux, cela tombe à pic. Pour les sixièmes d’ailleurs pourquoi pas, si nous organisons le travail en collectif. le tarif des autoroutes graphique le tarif des autoroutes graphique Site du blog – Intégralité de l’article

Il n’y a pas nécessairement de baguette magique

16 janvier 2019 Aucun commentaire sur Il n’y a pas nécessairement de baguette magique

Ici, vous trouverez un article et une petite vidéo qui propose de réfléchir à des stratégies pour réduire l’anxiété associée à l’apprentissage des mathématiques et des sciences. « Les mathématiques sont une source de très grande anxiété pour les élèves, les filles sont sous-représentées dans le monde des sciences et des technologies, et celles qui vont développer un sentiment de non-compétence par rapport à ces disciplines le feront avant l’âge de 9 ans« . Alors comment faire, quels outils donner aux enseignants de primaire pour éviter cela ? L’outil principal proposé par les deux intervenantes, Maude et Kim, c’est le temps. Le temps alloué aux sciences et en article aux mathématiques dans les programmations, mais aussi  le temps donné aux enseignants pour se former sereinement, en se confrontant eux-mêmes à leurs zones d’inconfort, à partir d’outils qu’ils connaissent déjà. En laissant les enseignants s’engager dans des domaines qui leur sont moins familiers, donc moins agréables à travailler et à enseigner, en les laissant échanger entre eux à partir de leurs découvertes, on leur permet d’avancer. C’est aussi l’occasion de travailler sur l’erreur, la leur d’abord, pour mieux appréhender, comprendre, accepter et traiter celle des enfants. L’une des intervenantes dit « Il n’y a pas nécessairement

Le spectre du bon prof

16 janvier 2019 Aucun commentaire sur Le spectre du bon prof

Je suis une fan de la co intervention et du co enseignement. Je trouve cela très enrichissant : un autre regard, un autre ressenti, un cerveau et une paire d’yeux supplémentaires permettent de mieux réfléchir, mieux comprendre, et  de s’améliorer. J’apprends beaucoup sur la co intervention, en pratique, ces derniers temps, car les enseignants du premier degré dans les classes desquels j’interviens pratiquent de façon très naturelle et spontanée la co intervention avec moi. Ils sont capables de s’interrompre dans leur séance pour m’apostropher et me poser une question ou me demander de l’aide, ou réfléchir à haute voix en direct à l’analyse d’une parole mathématique d’enfant. Je trouve ça absolument extra, et notre travail en est vraiment facilité, sans parler de ma place et de mon statut dans la classe. Un article des Cahiers péda n°549 de décembre 2018 aborde la question de l’efficacité de la co intervention, en présentant le témoignage de deux enseignantes après une séance à deux qu’elles ont « ratée » (c’est leur sentiment) et mal vécue. C’est très intéressant à lire et cela fait réfléchir à ce type de dispositif, mais aussi à la représentation de l’autorité chez les enseignants, à l’image et l’estime de soi. Une

La nuit de la lecture

15 janvier 2019 Aucun commentaire sur La nuit de la lecture

« Lire ensemble, lire le soir, en pyjama, en musique, en langue des signes… Rendez-vous samedi 19 janvier dans vos bibliothèques et librairies pour participer à cette 3e Nuit de la lecture, une grande fête du livre pensée pour tous. »   Les renseignements sont ici. Site du blog – Intégralité de l’article

Les fractales, ça roule !

15 janvier 2019 Aucun commentaire sur Les fractales, ça roule !

Mon fils m’a fait découvrir ce jeu : Il s’agit d’un jeu qui s’appuie sur les fractales, open source, tracé en rayons temps réel. On déplace une bille qui se promène à la surface de fractales en évolution, pour atteindre le drapeau d’arrivée le plus rapidement possible. L’auteur écrit : « Ce jeu est le résultat d’un moteur de physique fractal que j’ai développé et qui permet des collisions rapides avec des fractales et d’autres objets procéduraux ». Site du blog – Intégralité de l’article

Rousseau, il a pas croisé ma mère…

14 janvier 2019 Aucun commentaire sur Rousseau, il a pas croisé ma mère…

Aujourd’hui, première lecture de Je suis Sophie Germain. Je lis aussi aux élèves la citation de Rousseau que j’avais prévue, pour qu’ils comprennent dans quel contexte était née Sophie Germain, et qu’ils mesurent la difficulté pour elle d’apprendre les mathématiques et de se faire reconnaitre comme mathématicienne : « Ainsi toute l’éducation des femmes doit être relative aux hommes. Leur plaire, leur être utiles, se faire aimer et honorer d’eux, les élever jeunes, les soigner grands, les conseiller, les consoler, leur rendre la vie agréable et douce, voilà les devoirs des femmes dans tous les temps et ce qu’on doit leur apprendre dès leur enfance.  » Et encore : « La recherche des vérités abstraites et spéculatives, des principes, des axiomes dans les sciences, tout ce qui tend à généraliser les idées n’est point du ressort des femmes. (…) Elles n’ont pas non plus assez de justesse et d’attention pour réussir aux sciences exactes.» La réaction des élèves a été tout à fait sympathique : ils étaient médusés. Ils n’en croyaient pas leurs oreilles. L’un d’eux m’a dit : « Mais madame, il a pas dit ça pour de vrai quand même ? C’est pas possible … Bah Rousseau, ça se voit qu’il a jamais croisé ma mère…« 

Mots et maux (2)

14 janvier 2019 Aucun commentaire sur Mots et maux (2)

Même classe, même jour, même exercice que là : Ferid nous propose les nombres 51, 52 et 53 pour répondre à la question. Qu’en pensez-vous ? C’est bon, ça marche. Mais nous on a une autre solution madame ! Ah oui, allez-y. 1, 52 et 103. Qu’en pensez-vous, les autres ? La somme ça fait 156 et c’est des entiers, mais ça va pas parce qu’ils sont pas consécutifs. Nous on avait fait l’erreur aussi au début. Ils expliquent à leurs camarades, et les convainquent. Vous voyez comme les mots sont importants? Si je ne comprends pas la signification de chaque mot « entier », « somme », « successif » dans le champ des mathématiques, je risque de ne pas comprendre la question et de répondre à côté. C’est pour ça qu’il faut que vous demandiez, lorsque vous n’êtes pas sûrs, ou, encore mieux, que vous alliez vérifier dans mon ami dico. Alors on fait quoi, on garde ou pas la proposition 1, 52 et 103 ? Non, on peut pas, ça va pas puisqu’ils sont pas successifs. Ok. Quelqu’un a une autre idée ? Oui, oui. Enfin non, mais on cherche et on va presque trouver ! Mais non madame, c’est pas possible, on

Mots et maux (1)

14 janvier 2019 Aucun commentaire sur Mots et maux (1)

Question, en quatrième : Est-il possible de trouver trois entiers successifs dont la somme est égale à 156 ? Décris ta démarche pour justifier ta réponse. Sur chaque table, je pose un enregistreur. Groupe 1 : L’un des élèves propose à l’autre de diviser 156 par 3. Son camarade lui fait remarquer qu’on pourrait d’abord vérifier que 156 est multiple de 3. l’autre lui répond « Tu veux dire est-ce que 156 est divisible par 3 ? ». Oui, il veut dire ça. Ils additionnent les chiffres qui composent 156, parce que « si ça ne marche pas, c’est pas la peine de se galérer ». 1+5+6=12, « zut, ça marche. Bon on pose ». Jusque là, je bois du petit lait : ils emploient les mots « multiple », « divisible », se parlent, travaillent vraiment ensemble, se souviennent du critère de divisibilité par 3, cherchent à optimiser leur démarche et planifient. Bonheur. Ils posent, ils trouvent 52. Ils restent à contempler ce résultat, perplexes. « Elle en veut trois, des entiers. On lui met quoi d’autre ? » « Bah chais pas. Pourquoi elle en veut trois ? » « Chais pas. On choisit quoi pour que ça fasse 156 ? » « Ce que tu veux ». « Comment on va savoir si ils sont successifs

Je ne suis pas Sophie Germain

12 janvier 2019 Aucun commentaire sur Je ne suis pas Sophie Germain

Anne Boyé et Christine Charreton ont publié en 2017 un petit livre intitulé « Je suis Sophie Germain », aux éditions Jacques André Editeur. C’est un livre clair et instructif, qui se lit rapidement et facilement (et pour cause : il est écrit pour des élèves). Il retrace la vie de Sophie Germain. Comme j’ai décidé de lire des extraits d’ouvrages littéraires qui parlent de mathématiques ou de culture mathématique à mes élèves, j’ai décidé de leur en lire au moins des extraits, sinon tout : ils aiment que je leur lise à haute voix, mais sans doute aimeraient-ils suivre un livre entier. Je leur lis parfois trois minutes, parfois cinq, parfois dix si nous finissons en avance une activité, et ça marche bien : les élèves m’en reparlent, ensuite. Là, c’est l’histoire d’une vie, et en plus d’une mathématicienne, ce qui permet d’attendre trois objectifs en même temps : cultiver quant à l’histoire des maths, travailler les inégalités filles-garçons et discuter maths et filles. Je pense que je commencerai par lire cette citation de Rousseau dans l’Émile (1712-1778, et Sophie Germain est née en 1776), que j’ai trouvée déjà dans un article d’Anne Boyé sur Sophie Germain, dans le bulletin de