Plus de vingt ans qu’on sait tout ça.

Un article de septembre dernier à lire sur Innovation éducation Lab propose une synthèse des résultats de la recherche britannique de ces vingt dernières années quant à l’évaluation. Cette lecture tombe à pic après une conversation de salle des profs il y a quelques jours. Extraits :

« L’ensemble de ces études mena aux conclusions suivantes :

  • le travail d’évaluation formative génère de nouvelles façons de mettre en valeur le retour d’information (feedback) entre l’enseignant et les élèves, ce qui nécessite de nouvelles pratiques pédagogiques et des changements significatifs dans la classe
  • l’engagement actif des élèves dans les apprentissages garantit leur efficacité
  • l’évaluation n’est formative que si les résultats sont utilisés par les enseignants pour ajuster leur enseignement aux apprentissages des élèves
  • la manière dont est utilisée l’évaluation affecte la motivation et l’estime de soi des élèves, elle est bénéfique quand ceux-ci sont engagés dans une procédure d’auto-évaluation
  • L’évaluation sommative et la notation nuisent à la motivation des élèves

Les évaluations, particulièrement lorsque les résultats relèvent d’enjeux importants, créent une bonne raison d’apprendre. Mais cette raison se limite, pour la majorité des élèves, à atteindre le niveau nécessaire pour obtenir la note ou réussir à l’examen. Les élèves qui parviennent à se motiver de cette manière visent plus la performance que l’apprentissage, et ils cherchent la voie la plus facile pour y accéder. Ces élèves développent des stratégies passives plutôt qu’actives. Ils évitent les difficultés et leurs connaissances demeurent superficielles (…)  De nombreux travaux de recherche ont confirmé que le retour d’information aux élèves jouait un rôle fondamental dans leur sentiment d’être capable d’apprendre, dans leur engagement dans les activités et dans l’évaluation de leurs tâches dans la classe.  (…)

En résumé, l’évaluation peut avoir un impact positif sur la motivation des élèves dans l’apprentissage si :

  • elle ne crée pas une culture du groupe classe qui favorise la transmission collective des connaissances et sous-évalue la variété des façons d’apprendre

  • elle ne se centre pas sur le contenu étroit de ce qui est noté ou testé

  • elle ne conduit pas les élèves à adopter des objectifs de performance plutôt que des objectifs d’apprentissage

  • elle ne propose pas essentiellement un retour d’information en termes de notes ou de niveaux obtenus

(…) La seconde action consiste pour les enseignants à promouvoir cette conscience du progrès parmi les élèves et à les décourager de se comparer entre eux en termes de notes ou de scores obtenus. »

Tout ceci repose le même type de question que celles posées par Joël Briand : puisqu’on sait tout ça, pourquoi n’en tenons-nous pas compte de façon institutionnelle et généralisée ? Et à quoi rime le flot d’évaluations du ministère, qui ne s’inscrivent absolument pas dans une démarche explicite et de rétroactions ?

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oui, mais de quelle évaluation ?

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